CHÈRE LOUISE-CATHERINE,
I
Dès Mille-neuf-cent-vingt-neuf, à l’armée du salut
Sous le pont d’Austerlitz, tu t’offrais aux passants
Accueillant en ton sein, tous les espoirs déçus
D’un peuple affamé, sans le sou et sans dents.
Près d’un siècle plus tard, au sommet de la crue,
Tu exposes insouciante, tes lignes dénudées,
Dans Paris en bataille, ne t’avouant pas vaincue,
Toute fraîche et pimpante, tu parades esseulée.
Jusqu’à l’accident !
Ou en quelques minutes, sous le poids des médailles,
Lestée de ciment brut, tu as coulé à pic
Au grands dam d’architectes qui pleurent dans la grisaille.
Très chère Louise-Catherine, retient longtemps ton souffle,
Il y aura un jour, un généreux donneur
Qui plongera au fond, te sortir de ce gouffre.
II
Née du trait assuré du grand Le Corbusier
Homme d’un autre siècle que l’on vénère encore
Repose en paix, par le fond sous 15 pieds
caressée par les flots, qui abîment ton corps.
Architecte, peintre, sculpteur, grand officier
L’artiste sans égal, prince du modulor
Concentre les éloges de ceux qui sans pitié
Refusent sans vergogne, qu’autre école n’éclore.
Non pas qu’il n’ait rien fait, je ne juge pas pitié.
Il est grand temps peut-être, que quelqu’un quitte la trace ?
Pour faire évoluer, le mouvement singé.
Dieu est le ciel, la mer… et l’homme le navire,
Disait Victor Hugo autre plume de grâce.
Merci mon Dieu, de mettre les choses à leur place.
JL
Jean-Luc Chassais architecte
Enseignant ENSAPVS